05.05.12 : La Coupe de Suisse est de retour à Genève
C’est à 7:30 que le rendez-vous est donné à la gare pour ce week-end dédié à la Coupe de Suisse. Tout le monde est là à l’heure et c’est avec 18 joueurs, un physio et un coach que nous partons pour Olten. Les briefings individuels avec Pierre se succèdent dans le train, tout le monde est fin prêt à en découdre. Arrivés à Olten, nous partons faire un petit jogging dans la campagne, la concentration commence à venir gentiment. Après un bon gros briefing à la «sauce Coppin», nous partons nous échauffer sur le terrain. Tout roule et le match peut commencer.
Nos adversaires pour cette demi-finale, Rotweiss Wettingen, semblait en vouloir autant que nous ce jour là, la rage se lisait dans leurs yeux. Notre équipe adopte une tactique toute nouvelle, très défensive et cela porte ses fruits, les occasions adverses se font aussi rares que les nôtres! Le Servette forme un bloc, on ne voit qu’une équipe sur le terrain et Rotweiss ne construit pas son jeu. Le manque d’occasion fait que les deux équipes rentrent bredouilles au vestiaire, le score est nul et vierge. Je ne pourrai pas vous conter le briefing de la mi-temps car je n’y étais pas étant gardien surnuméraire au coté de Loïc Boldrini.
La deuxième mi-temps commence de la même façon que la première avait finie, à l’exception près que les actions dans le cercle se multiplient, sans pour autant que les buts ne rentrent. Le gardien grenat sortant un grand match dans nos cages, les buts ne rentrent simplement pas pour Rotweiss. Ils eurent même trois corners qu’ils ne parviennent pas à tirer en direction du but, la faute au bloqueur à deux reprise et au tireur ensuite, presque surpris de voir que la balle était enfin arrivée jusqu’à lui. C’est ensuite à notre tour de tirer un corner. Matthieu tire sur le gardien suisse-allemand qui laisse échapper un rebond sur le coté du cercle. Gaël ne se fait pas prier et expédie dans le coin opposé un shoot puissant et précis. Ça y est, nous menons enfin! Il ne nous reste «plus qu’à» tenir la baraque derrière comme nous l’avons fait pendant tout le match. Même un corner parfaitement tiré ne permettra pas à Rotweiss de revenir au score, notre gardien étant vigilent. Le coup de sifflet final retentit et Servette est en finale! Toute l’équipe explose de joie, c’est un rêve qui se réalise. Le reste de la journée se passe devant le match féminin des «Black Girls» puis à l’hôtel près de la gare. Rendez-vous à 20:00 pour le restaurant. Un bon petit repas plus tard, on va se coucher.
Le lendemain (dimanche) est un jour de finale et ça se sent au petit déjeuner où la tension n’est pas absente. Certains mangent beaucoup, bien que nous retournions au restaurant trois heures plus tard pour déjeuner. Un briefing dans la matinée nous apprend que nous jouerons la même tactique que samedi. Après le repas où tout le monde mange des pâtes, on se rend au terrain. Nous sommes partis pour une petite marche afin de se réveiller où un frisbee est lancé de part en part de l’équipe. La concentration n’est pas encore là mais tant pis ce n’est pas avant le match que c’est important, c’est pendant. Apres un échauffement théâtre d’un conflit pour la distribution des bancs de touche avec Olten, le match peut commencer devant un public mobilisé pour l’occasion. Que la finale commence!
Le Servette ne rentre pas dans le match comme il devrait, et oui, car en moins de dix minutes le compteur affiche 0-2 pour Olten. C’est une catastrophe. On se reprend, on rentre dans ce match et on se met enfin à jouer. Nous obtenons un corner court avant la fin de la mi-temps qui permet à Laxman de réduire le score (2-1). À la pause l’objectif est clair, il faut d’abord marquer un but après on verra ce qu’on fera.
De retour sur le terrain nous jouons bien mieux et sommes solides défensivement. Après quelques minutes de jeu, sur une action où la balle traîne longtemps dans le cercle adverse, nous obtenons un penalty. C’est une occasion rêvée de revenir au score. Matthieu ne tremble pas, contrairement aux filets. Score de parité (2-2) et c’est un nouveau match qui commence, tout est possible. Après de nombreuses actions de part et d’autre c’est Gaël à nouveau qui fait tourner le match sur un magnifique revers argentin qui permet à Servette de prendre le score (3-2). On touche le rêve du bout des doigts. Il ne reste «plus qu’à» tenir 15 interminables minutes pour remporter la Coupe. Et c’est sous une pluie battante que nous nous défendons corps et âmes pour obtenir ce trophée. Le public est en feu, un corner court est offert à Olten sur un plateau par notre bêtise à cinq minutes de la fin. Le stress est à son apogée, mais le corner est sorti par notre portier. Trois minutes d’actions dans notre cercle plus tard, le match arrive à sa fin, le compte à rebours est lancé : 3…, 2…, 1… CA Y EST!
La Coupe de Suisse est de retour à Genève et nous venons d’offrir une nouvelle coupe d’Europe au club! La fête peut commencer et elle durera tard dans la nuit. Merci à tous les supporters qui se sont déplacés à Olten et ceux qui nous ont accueilli sur le quai de la gare à Genève, ce fût une très grande journée de hockey que nous n’oublierons jamais!
«Aujourd’hui nous avons arrêté de rêver de victoires, nous l’avons vécu» Pierre Emmanuel Coppin
Benoît Girod, alias «Passette»